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Biographie

Repères

  • 2012 / 2013
    Mise en scène :
    Les ArT'SceniC dans "ET POURQUOI PAS"
    Jefferey JORDAN dans "SUR LA CORDE SENSIBLE"
    Interprète :
    "YES SŒUR", de et avec Cathy CHABOT
  • 2011 / 2012
    Naissance d'UNE AMÉRICAINE À PANAME
    "Projet de longue date que j'avais envie de réaliser et de mettre en lumière : l'histoire et la vie de KIKI BRONX".
  • 2011
    Naho se produit sur la scène du Théâtre des Feux de la Rampe, du 12 janvier au 2 avril.
  • 2010
    Nouveau spectacle "FOLLEMENT FOLLE", direction artistique : Delphine Depardieu.
  • 2008
    Création en décembre de la comédie "GRATIN DE COURGES À L'ÉLYSÉE" (avec Isabelle Parsy), présentée l'année suivante au Festival d'Avignon.
  • 2004
    Tourne durant 4 ans avec le spectacle "ELLES SONT TOUTES FOLLES" (1er Prix du jury au Festival Humoristique de Sorgues).
  • 2003
    Joue dans "IMPAIR ET PÈRE" de Ray Cooney, mise en scène de Jean-Luc Moreau, aux côtés de Roland Giraud, Stéphane Hillel et Pauline Larrieu.
  • 2001
    Premier one woman show "LE MONDE SELON MADAME ADJOBI" mis en scène par Thierry Desroses (Théâtre de la Main d'Or, scènes ouvertes au Café Oscar, au Point Virgule, aux Blancs Manteaux..., festivals de Rions les Landes, de la Baule).
    Premier rôle féminin de la pièce « AH ! CE VENTRE », mise en scène de Vincent Bird Lesage.
  • 1998 à 2000
    Chorégraphe de spectacles crées pour le groupe Accor.
  • 1998
    Première partie des Guignols d'Abidjan au Théâtre de Ménilmontant.
  • 1970
    Naissance dans la banlieue parisienne.

Biographie

Rencontre

Née d'un père Afro-Brésilien et d'une mère Béninoise, Naho Da Piedade a puisé dans le terreau de cette double culture pour se forger une personnalité peu commune; Un mélange de force et de fragilité, d'humour et d'émotions à fleur de peau, avec en point d'orgue un attachement profond à la terre et à l'humain.

Curieuse de tout ce qui peut nourrir le corps et l'esprit, elle suit les cours d'art dramatique des Ateliers Thierry Hamon, danse aux Ateliers du Marais, apprend le langage des signes, se produit comme choriste auprès d'Art Mengo avant de prêter sa silhouette, reconnaissable entre toutes, au premier film de Karl Zéro "Le Tronc".

En 1995, son ami le danseur de l'Opéra de Paris Jean-Marie Didière, créera pour elle une chorégraphie sur le thème de la folie. Elle enchaîne ensuite les engagements : chorégraphe pour les groupes Accor et Vinci, mannequin pour le jeune créateur Imane Ayissi (à l'Espace Cardin et au Carrousel du Louvre), comédienne au théâtre et dans la série policière « Braquo » d'Olivier Marchal sur Canal +...
Le parcours obligé de tous ceux qui s'intéressent à la création artistique.

Mais en route, Naho a pris quelques chemins de traverse...

Tout d'abord, après avoir décroché un diplôme d'architecte, elle a renoncé à se faire un nom dans l'urbanisme, pour racheter un ancien cinéma et le transformer en lieu de rencontres et de créations pour les jeunes. Elle s'est également investie dans des projets humanitaires au Bénin. Elle attendra 2001 pour réaliser un vieux rêve : écrire son premier son premier One Woman Show, « Le monde selon Madame Adjobi ».

« Après plusieurs années de doute, j'ai décidé de me lancer dans l'écriture en donnant vie à cette femme, surprenante et joviale, Madame Adjobi. Je ne suis pas là pour juger mais je dis à haute voix ce que je vois et entends. Madame Adjobi est une vraie nature. La preuve : Je lui ai donné la vie et l'énergie d'une femme des temps modernes ».

Pas question en effet pour Naho de s'ériger en donneuse de leçon mais plutôt de redessiner le monde avec les yeux et le coeur de cette personnalité décoiffante. Et pour cela, Naho dispose d'une belle palette d'émotions : à la fois drôle, émouvante, incisive, généreuse, fantasque, lumineuse... elle maîtrise l'art d'établir une empathie immédiate avec le public.
Elle récidivera avec « Elles sont toutes folles » puis le friand et acide « Gratin de courges à l'Elysée ».

Pour son nouveau spectacle « Follement folle », elle brosse une pittoresque galerie de portraits de femmes. Un show ébouriffant dans lequel elle se métamorphose successivement en commerciale, technicienne de grande surface, cliente énervée d’un salon de coiffure ou pourvoyeuse de sexe par téléphone.

Après tant d'années et un talent qui explose sur scène, pourquoi Naho demeure-t-elle inconnue du grand public ? Tout simplement parce que cette « bâtisseuse » dans l'âme a préféré construire sa carrière, pierre par pierre, sur les routes de province. Gommant ici et là quelques saillies, cimentant ses bases, arrondissant les angles qui pourraient blesser...
Une sorte d’artisan du rire qui a choisi de peaufiner son œuvre !

Biographie

Entretien avec... une vamp !

Comment passe-t-on d'une carrière tracée d'architecte au one woman show ?
Ce n'est pas si différent ! L'architecture permet de maitriser le travail dans l'espace, de jouer avec les volumes, de placer les objets, d'utiliser au mieux la lumière. Tout ce bagage m'est utile aujourd'hui. Je vois tout de suite si les gens ne sont pas bien installés, s'ils sont mal assis. Certains artistes jouent pour les dix premiers rangs. Moi, je joue pour le trentième. J'essaie toujours de monter au Sacré Coeur...
Les femmes et la folie sont des thèmes récurrents dans vos spectacles. Pourquoi ?
Parce que je ne suis entourée que de femmes folles, des battantes. Lorsqu'un homme sort de l'ordinaire on dit qu'il est courageux. Lorsqu'il s'agit de femmes, elles deviennent fofolles. Moi, j'aime ces femmes là. Ce sont des guerrières. Nina Simone était ainsi. La connaitre m'a marquée à jamais.
Comment l'avez-vous rencontrée ?
J'avais dix ans. J'attendais ma mère et derrière moi il y avait cette femme magnifique que je ne connaissais pas. J'ai su plus tard qu'il s'agissait de Nina Simone. Moi, j'étais surtout intriguée par ses nattes couvertes de perles. J'ai tiré dessus par jeu et l'une d'entre elles m'est restée dans la main ! Devant mon air contrit, elle a souri et m'a proposé de déjeuner avec elle le lendemain. J'ai appris à la comprendre et à l'aimer. Elle m'a fait écouter toutes sortes de musiques, m'a emmenée avec elle sur des plateaux de télévision où j'ai rencontré Michel Legrand, Gilbert Bécaud, Serge Lama... Elle avait connu Martin Luther King et a su éveiller ma conscience en tant que femme noire, être fière de ce que je suis, en toutes circonstances. Si je suis là aujourd'hui, c'est grâce à elle et à ma grand-mère. Je pense toujours à elles avant de monter sur scène.
Il parait que vous êtes une authentique princesse. C'est vrai ?
Oui. Du côté de ma famille maternelle. Mais au Bénin, on m'appelle « La princesse tout terrain » parce que je dis bonjour à tout le monde, que je vais de village en village et que je me sens bien partout.
Qu'avez-vous de plus africain en vous ?
Mon sens de la tribu. Je suis incapable de travailler seule. J'ai besoin du regard des autres, de leur énergie. J'ai aussi un rapport particulier avec la terre.
Pourquoi avez-vous appelé votre nouveau spectacle « Follement Folle »?
C'est une manière de dire : je suis prête. De me jeter à l'eau pour affronter le public parisien. Même si j'ai un trac fou. Je repense à Zizi Jeanmaire qui m'a confié un jour avant de monter sur scène: « j'ai les boules et j'ai mal au bide » ! Je suis dans le même état. Mais avoir peur me rassure !
Apparaître en maillot de bain sexy, en plein hiver, sur les murs de la capitale, c'est aussi une idée un peu folle ?
J'adore ! Je me suis dit que cela allait forcément intriguer les passants. En faisant quelques recherches j'ai aussi remarqué qu'il n'y avait pas eu de pin-up ou de vamp noire. J'ai aimé jouer sur cette image décalée qui rappelle les années trente. Les femmes n'ont jamais été plus glamour et libres qu'à cette période là...